LA SUPERSTITION DEGUISÉ EN SPIRITUALITÉ

En Afrique subsaharienne, il subsiste encore de nombreuses pratiques syncrétiques, héritées d’un mélange entre traditions animistes anciennes et expressions extérieures de religiosité. Malheureusement, une grande partie des populations, souvent peu ou pas éduquées dans la science religieuse, ne parvient pas à distinguer ce qui relève des rituels islamiques authentiques de ce qui n’est en réalité que superstition ou imitation de pratiques préislamiques.
Parmi ces coutumes répandues, certaines concernent l’usage d’aliments précieux – tels que le lait ou les œufs – employés dans des « sacrifices » censés apporter protection ou succès. On entend fréquemment des recommandations du type : « Va verser du lait dans le fleuve ou dans la mer », ou encore : « Va casser des œufs frais au croisement d’un chemin, sur telle route... ».
Or, il est essentiel de le rappeler avec fermeté que ces pratiques sont un gaspillage manifeste, expressément condamné par la charia. L’Islam offre une grande liberté dans les actes de sacrifices tant qu’ils ne sont pas illicites.
Dans mes formations pour apprendre le Istikhara khassa (reponses immediates) , je vous montre comment trouver les sacrifices adaptés pour chaque problème (module 5 et 6 ) comment ouvrir des portes fermées, les liens symboliques entre les matières, les couleurs et la situation qui nous préoccupe.
Tous les sacrifices sans exceptions doivent être faits dans un cadre de bienfaisance conformes à la sunna, nobles et utiles à la communauté, mais en aucun cas il n’est prescrit de jeter des denrées alimentaires offertes par Allah ﷻ dans l’eau ou sur le sol.
1. Les preuves coraniques et prophétiques contre le gaspillage
L’Islam a établi une règle claire : les bienfaits d’Allah doivent être utilisés avec gratitude, et non gaspillés.
Allah ﷻ dit :
« Mangez et buvez, mais ne commettez pas d’excès. Allah n’aime pas les gaspilleurs. » (Sourate al-A‘râf, 7:31)
Le Prophète ﷺ a confirmé ce principe :
« Mangez, buvez, donnez en aumône et portez des habits, mais sans arrogance ni gaspillage. » (Rapporté par Ahmad et par al-Bukhârî dans al-Adab al-Mufrad)
Ainsi, verser du lait dans l’eau ou casser des œufs sur un chemin au nom d’un rituel ne relève pas d’un sacrifice, mais d’un acte de gaspillage manifeste.
2. L’origine animiste de ces rituels
Ces pratiques ne viennent pas de l’Islam mais des croyances préislamiques et animistes :
Dans certaines cultures africaines, le lait symbolise une offrande de paix aux esprits de la nature.
Dans d’autres, l’œuf représente la vie et sert d’offrande pour détourner le mal ou obtenir une faveur.
Les carrefours ou les fleuves sont vus comme des lieux de passage des esprits, d’où ces dépôts « sacrificiels ».
Il est donc évident que ces coutumes relèvent de la superstition et non de la Sunna.
Il est essentiel de comprendre que ces pratiques superstitieuses, déguisées en spiritualité, constituent un véritable danger pour l’image du soufisme et de la mystique musulmane authentique.
En effet, elles offrent une arme redoutable à ceux qui cherchent à les discrediter – notamment certains courants rigoristes comme le wahhabisme.
Car que se passe-t-il ? Lorsqu’un ‘’marabout’’ conseille à ses fidèles de « verser du lait dans le fleuve » ou de « casser des œufs au carrefour » pour se protéger ou débloquer une situation, il ne fait en réalité que reproduire des rites animistes ou païens sous une apparence islamique. Ces gestes, qui n’ont aucun fondement dans la Sunna, deviennent alors une caricature facile à exploiter pour ceux qui veulent amalgamer soufisme, mystique islamique et superstition.
Ainsi, les wahhabites trouvent dans ces déviations une justification pour condamner le soufisme dans son ensemble, le présentant comme une religion de croyances absurdes, d’innovations blâmables et de pratiques contraires à la charia. Le problème n’est pas seulement doctrinal : il est aussi stratégique. Ces dérives renforcent le discours des détracteurs et fragilisent la transmission du soufisme authentique
3. L’enseignement soufi authentique
Le vrai soufisme – enraciné dans le Coran et la Sunna – ne tolère pas ces mélanges.
L’imam al-Junayd disait :
« Toutes les voies sont fermées sauf pour celui qui suit les traces du Messager ﷺ. »
4. Les vraies alternatives spirituelles
Si une personne cherche une protection mystique ou veut faire un acte qui attire la bénédiction, elle dispose de moyens légitimes :
La sadaqa (aumône) : donner du lait ou des œufs à un pauvre, un orphelin, une veuve ou même à un animal.
Le Prophète ﷺ a dit : « La sadaqa éteint la colère du Seigneur et protège d’une mort mauvaise. » (Al-Tirmidhî)
La ruqya (invocations de protection) : récitation d’Ayat al-Kursî, des trois Qul (Ikhlâs, Falaq, Nâs), et les invocations enseignées par le Prophète ﷺ et les saints, satisfaction d’Allah sur eux.
Le dhikr et le tawakkul : se souvenir d’Allah et placer sa confiance en Lui.
Ces pratiques sont simples, accessibles, conformes à la Sunna et infiniment plus puissantes que des gestes de superstition.
Que Allah Nous Pardonne et nous Assiste dans le Bien
Koly Cherif Keita
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qu'Allah vous récompense pour ce travail titanesque pour toujours vivifier notre foi